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Premier successeur
du Père Dehon, à la tête de l'Institut
de 1926 à1935, Evêque titulaire de Tino (ancien Evêché
de Dalmatie, remontant à 1050,) Coadjuteur avec future succession
de S. Exc. Monseigneur Nomesch, et depuis Evêque de Luxembourg.
Né le 3 Avril 1877 à Rollingergrund dans le Grand
Duché de Luxembourg, où la foi catholique la plus
vive est. encore, à notre époque, l'héritage
traditionnel le plus hautement apprécié, Joseph Philippe,
tout jeune encore, n'eut pas de projet plus cher que de se consacrer
entièrement à Dieu. Sa modestie nous en voudrait de
nous étendre longuement sur les qualités de cur
et d'esprit qui le signalèrent de bonne heure à l'attention
de son vénéré pasteur. Passons donc! Entrer
au Petit Séminaire, il n'en pouvait être question,
car le mode de recrutement du clergé, au Grand Duché,
diffère notablement dé celui qui est en usage dans
nos régions: Il n'y a pas de Petit Séminaire proprement
dit à Luxembourg. Les candidats au sacerdoce font leurs études
secondaires au Gymnase, à l'Athénée ou à
l'école de leur choix; en suite de quoi ils peuvent être
admis au Grand Séminaire épiscopal.
Cétait l'époque, où venait de s'ouvrir
à Clairefontaine, sur la frontière belgo-grand-ducale,
l'Ecole Notre-Dame de la Miséricorde. Joseph Philippe, âgé
de douze ans, y fut présenté par ses parents; le nouvel
élève y trouva si bien l'atmosphère propre
à l'épanouissement de son idéal, qu'en 1895,
à la fin de ses humanités, il sollicita son admission
au Noviciat des Prêtres du Sacré-Cur, à
Sittard. Sous la direction du Père André Prévot,
notre novice comprit, mieux que jamais, l'idéal sacerdotal
de vie réparatrice envers le Sacré-Cur, dont
l'école de Clairefontaine avait déposé le germe
en lui. C'est ainsi que Joseph Philippe devint un homme fait, un
religieux idéal, une valeur qui, déjà, rayonnait.
Au sortir du noviciat, où le saint Père André
un fin connaisseur d'âmes le distingua parmi
plusieurs autres, nous le trouvons pendant quatre ans, professeur
à l'école Saint-Clément. Ses élèves,
parmi lesquels on compte plusieurs supérieurs actuellement
vivants et le Directeur de l'Enseignement d'un grand diocèse
du Midi de la France, ont conservé le souvenir de ses classes
de grec si bien préparées, où l'on ne savait
ce qu'il y avait plus lieu d'admirer, du professeur clair, méthodique,
consciencieux, ou de l'éducateur de tout premier ordre.
«Ce fut pendant ces quatre années de professorat, lisons-nous
dans « La Croix de 1'Aisne » du 5 Mai 1935, que le R.
P. Dehon put apprécier son futur successeur, au point de
lui vouer une amitié qui ne se démentit jamais.
A partir de 1900, nous le retrouvons au Grand Séminaire Saint-Sulpice
d'Issy et de Paris où, dans « le groupe du Sacré-Cur
», il appartint au Cours de 1904. C'est là que personnellement
(Monseigneur comprendra que nous ne puissions en perdre le souvenir,)
nous l'avons connu dans l'intimité, comme un aîné
d'une rare distinction, dont le surnaturel déteignait, pour
ainsi dire sur nous, dont la conversation, le long des allées
du parc, était souvent un vrai régal, dans ce milieu
pourtant unique au monde ! Son âge, son expérience,
sa science, son esprit sacerdotal et religieux faisaient déjà
de lui un pôle d'attraction. Ce fut à Rome que le Père
Philippe devait terminer ses études théologiques,
en prenant son doctorat.
Après avoir professé, durant de longues années,
l'exégèse et l'herméneutique au Scolasticat
de Luxembourg, le R. P. Philippe fut élu, en 1911, Secrétaire
Général de la Congrégation; en 1919, il était
promu Assistant Général et Conseiller du R. P. Dehon;
en 1926, le Chapitre Général le désignait à
l'unanimité pour succéder au vénéré
Fondateur, dont il avait si bien compris et vécu la pensée.
Au moment où la Providence fait de S. Exc. Monseigneur Philippe
le collaborateur de S. Exc. Monseigneur l'Evêque de Luxembourg,
la Congrégation ne peut pas ne pas regretter le Père
et le Chef qui la gouvernait: Prêtre et religieux du Sacré--Cur
dans toute l'acception du terme, le Révérendissime
Père Philippe attirait encore à lui par la fermeté
de ses principes, non moins que par sa religion, admirable de foi
et d'équilibre. Vaste esprit au courant des questions les
plus actuelles, habitué par ses origines, et plus tard, par
ses fonctions de Supérieur Général, à
coudoyer les nationalités les plus diverses, il sut s'imposer
à tous, par l'ascendant de son caractère; et la facilité
avec laquelle il s'exprime non seulement dans le dialecte luxembourgeois,
mais encore en français, en allemand, en hollan-dais, en
italien et en espagnol, contribua pour une bonne part, à
lui faciliter la tâche. Très discret, infiniment respectueux
des personnes, il aimait à s'élever au dessus des
questions d'espèces, jusqu'à la sérénité
des principes: La Règle, toujours la Règle!.. mais
aussi comme il aidait à l'observer!
Son séjour parmi nous, qui promettait d'être long encore,
a pris fin officiellement le saint jour de la Pentecôte de
l'année 1935, après le sacre de son Excellence ! L'homme
propose. . . et Dieu dispose ! Il est vrai que le bien général
de l'Eglise hiérarchique passe avant celui même d'une
Congrégation. Au Saint-Siège il appartient de décider.
Fiat ! Le Sacré-Coeur y pourvoira! En construisant la belle
église du Christ-Roi, à Rome, qui se prête si
bien aux cérémonies les plus grandioses, le Révérendissime
Père Philippe était loin de penser qu'il élevait
l'église de son sacre !
«LE PERE DEHON ET SON OEUVRE»
pages 332-334
AVANT-PROPOS,
EXERGUE - CAUSES
INTRODUITES
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