Du 3 mai (soir) au 6 mai (après-midi)

Nous avons tenu notre Assemblée provinciale à Clairefontaine du dimanche 3 mai au soir jusqu’au mercredi 6 mai dans l’après-midi.

Cette rencontre a débuté dans une atmosphère détendue et fraternelle. La communauté de Clairefontaine a réservé un accueil chaleureux aux confrères dès leur arrivée. Après l’installation, le repas du soir s’est prolongé par une soirée inter fratres, offrant à chacun l’occasion de renouer les liens fraternels dans un climat simple et convivial.

Environ vingt-huit confrères, sur la trentaine de membres que compte la Province, ont pris part à cette Assemblée. Toutes les communautés étaient représentées. Des nouvelles des membres absents ont également été partagées, permettant de maintenir un lien fraternel avec chacun et de porter ensemble les joies comme les préoccupations de tous.

Les journées ont été harmonieusement rythmées par les offices communautaires, les conférences, les repas et les temps de convivialité. Cette alternance a favorisé un équilibre fécond entre prière, réflexion, partage et vie fraternelle, contribuant à la qualité des échanges et à la disponibilité de chacun.

Les célébrations eucharistiques ont été présidées successivement par les pères Joseph FAMEREE, Provincial, pour l’ouverture de l’Assemblée, Jean-Jacques FLAMMANG, supérieur de Clairefontaine, puis Enzo BRENA, Conseiller général, lors de la célébration de clôture. Plusieurs confrères ont également contribué à l’animation liturgique des différents offices qui ont jalonné ce temps fort de la vie provinciale. La modération de l’ensemble des travaux a été assurée par le père Joseph FAMEREE.

Quatre interventions ont particulièrement nourri la réflexion sur les fondamentaux de la vie religieuse.

Dans une première série d’enseignements, le père Christophe MONSIEUR a proposé un approfondissement des vœux religieux, en soulignant leur portée spirituelle et communautaire ainsi que leur enracinement dans la vie fraternelle. Il a mis en lumière les exigences concrètes de ces engagements dans le quotidien des communautés. Les vœux apparaissent ainsi comme une véritable école d’humanité et d’humanisme chrétien. Sans nier les fragilités ni les limites personnelles, il a rappelé que tout ce qui mérite d’être vécu mérite aussi d’être vécu imparfaitement. Les vœux ne se vérifient pas seulement dans l’intention, mais dans le concret de la vie fraternelle. La communauté devient alors non pas un simple cadre de vie, mais le lieu même de la révélation et de l’accomplissement de la vocation religieuse.

Dans une seconde série d’interventions, le père Benoît CORNIAUX a développé les différentes formes d’apostolat propres à la vie religieuse. Il a notamment distingué :

  • L’accompagnement spirituel individuel, comme lieu privilégié d’écoute et de discernement. L’accompagnateur y est présenté comme témoin du dialogue entre la liberté de la personne accompagnée et celle de Dieu. Dans cette mission, il lui revient de discerner les appels du Seigneur tout en se gardant de toute forme d’emprise sur la personne accompagnée.
  • L’engagement social, comme expression concrète d’une charité incarnée et attentive aux réalités du monde contemporain. En s’appuyant notamment sur Evangelii Gaudium (§198), sur l’encyclique Dilexi te du pape Léon XIV ainsi que sur plusieurs passages évangéliques (Mc 10, 46-52 ; Mc 7, 24-30), il a montré combien les pauvres constituent un lieu privilégié de la révélation du Christ. À la suite de son Maître, l’Église est appelée à être servante parmi les pauvres, en portant davantage attention aux souffrances humaines et en s’attaquant aussi aux structures du péché.

Chaque conférence a été suivie d’un temps de partage et d’échange en petits groupes, permettant à chacun de s’exprimer librement et d’approfondir les thèmes abordés à partir de son expérience personnelle et communautaire. Une mise en commun en fin de journée a permis de recueillir les principaux éléments issus de ces échanges et de favoriser une appropriation progressive et concrète des enseignements.

Après deux journées consacrées à la réflexion sur les fondamentaux de la vie religieuse, la matinée du troisième jour a été dédiée à la vie concrète de nos communautés. Chaque supérieur — ou son porte-parole — a présenté brièvement la situation actuelle de sa communauté, ses engagements apostoliques, ainsi que l’un ou l’autre point d’attention ou de réflexion utile pour la vie de sa communauté ou de la Province.

À la suite de ces présentations, deux dernières interventions ont marqué les travaux de l’Assemblée :

  1. Le père José Agostinho SOUSA  a livré, avec un regard extérieur à la Province, une réflexion sur nos lieux historiques et sur les enjeux qu’ils représentent aujourd’hui. De l’expérience qu’il vit à Saint-Quentin depuis octobre dernier, il dit ne pas être déçu même s’il ne peut s’empêcher de noter un manque d’intérêt de la part de la Congrégation pour nos lieux historiques, surtout dans le contexte du jubilé que nous vivons. Pour lui, la question de nos « lieux déhoniens » ou lieux historiques n’est plus à faire reposer sur la seule Province EUF. A elle seule, elle n’a plus les moyens nécessaires pour insuffler un nouvel dynamisme à cet héritage commun. Toutefois, un solution peut être envisagé au niveau du Généralat, mettant à contribution l’ensemble de la Congrégation.
  2. Le père Enzo BRENA a exprimé sa joie et sa satisfaction d’avoir participé aux travaux de notre Assemblée. Il a souligné la qualité de la participation des confrères et a encouragé chacun dans sa mission et son engagement à la suite du Christ. Il a également rappelé les trois mots-clés de la lettre-programme du Gouvernement général pour le mandat en cours : identité, communion et mission. S’il demeure nécessaire de mieux connaître notre Fondateur à travers ses écrits et ses œuvres afin de nous approprier son héritage spirituel, il importe également de trouver des formes actuelles du « Nous Congrégation » et de nous convertir davantage à l’« internationalité » pour grandir dans un esprit de famille. Aujourd’hui, chaque entité de la Congrégation est devenue un lieu de mission ; cela appelle une mise à jour de notre compréhension et de notre manière de vivre la mission.

L’ensemble de l’Assemblée s’est déroulé dans un climat fraternel, studieux et convivial. Les moments informels, notamment lors des repas et des temps de détente, ont largement contribué à renforcer les liens entre les confrères et à favoriser une meilleure connaissance mutuelle.

C’est avec le repas de midi du mercredi 6 mai que s’est achevée notre Assemblée provinciale 2026.

Père Jean-Roger Lando, scj