La première journée de notre Assemblée provinciale a été consacrée avant tout à une introspection, à une réflexion sur l’essence de notre consécration et de notre vie religieuse, à travers des méditations qui nous ont amenés à penser à nos vœux et à notre vie communautaire. Aujourd’hui, nous avons été invités à sortir de nous-mêmes, à franchir les murs de nos communautés et à porter un regard particulier sur notre mission, notre engagement social et notre apostolat.

Guidés par le P. Benoît Carniaux, abbé émérite de Leffe, nous avons consacré la journée à réfléchir sur deux dimensions essentielles de notre mission : l’accompagnement spirituel et l’engagement social. Nous avons conclu qu’il s’agit de deux réalités incontournables de notre engagement pastoral.

L’accompagnement spirituel est à la fois d’une grande importance et d’une réelle difficulté, empreint de complexité. Nous l’envisageons sous différents angles : depuis l’intérieur, en nous sentant simultanément accompagnateurs et accompagnés, puisque cette dimension est essentielle à notre consécration. D’un côté, nous sommes appelés à être accompagnateurs, même si nous reconnaissons que ce n’est pas simplement parce que nous sommes prêtres ou consacrés que nous le sommes réellement ; cela exige un charisme, des connaissances et une préparation adéquate. De l’autre, nous sommes — ou devrions être — continuellement accompagnés, car la formation dure toute la vie et chacun de nous a besoin d’être guidé et soutenu sur les chemins de sa vocation et de sa consécration.

Mais il existe une autre dimension importante de l’accompagnement spirituel : c’est la sollicitation constante à laquelle nous sommes soumis dans les divers domaines de notre pastorale. Cette dimension est essentielle dans notre apostolat : les personnes ont de plus en plus besoin d’être écoutées, d’être accueillies dans leurs souffrances, leurs angoisses, leurs inquiétudes. Lorsqu’elles s’adressent à nous, nous devons être conscients de l’importance du service que nous leur rendons : l’accompagnateur spirituel n’est pas quelqu’un qui s’impose, mais quelqu’un qui propose, qui inspire, qui montre des chemins, qui chemine avec, qui ne juge ni ne condamne, mais qui accueille, qui écoute, qui cherche à être une présence qui transmet la paix, la confiance, qui relève et fortifie ceux qui se sentent tombés et abattus.

L’autre dimension importante de notre mission sur laquelle nous nous sommes penchés est notre engagement social. En nous appuyant sur les Exhortations apostoliques Evangelii gaudium du pape François et Dilexit nos du pape Léon XIV, nous avons cherché à comprendre la place particulière qu’occupent les pauvres dans nos engagements pastoraux.

Dans notre travail auprès des plus pauvres et des exclus de notre société, nous devons chercher à collaborer avec eux et non à agir pour ou à leur place : il s’agit de faire en sorte que les pauvres deviennent sujets et protagonistes de leur propre destin ; de dépasser la logique d’assistanat, qui diminue et infériorise les personnes vulnérables ; de promouvoir chacun et chacune dans sa dignité d’enfant de Dieu ; de faire de l’Église un lieu d’accueil, où chacun ait sa place, son temps et sa voix ; de chercher des chemins de justice qui partent de la charité, de l’amour de Dieu ; d’être conscients de la multiplicité des visages de la pauvreté, tous interconnectés – pauvreté matérielle, sociale, politique, culturelle, écologique ; d’agir dans une logique de solidarité et de partage, inspirée par les gestes de Jésus dans l’Évangile ; et, en tant que Dehoniens, de garder présent l’engagement social et politique du Père Dehon, qui l’a conduit à créer des structures permettant aux personnes de sortir du cycle de pauvreté et de marginalisation dans lequel elles se trouvaient.

Oui, l’engagement social fait partie intégrante de notre mission et de notre charisme. Toutefois, il ne saurait se limiter à des soins palliatifs ou à des actions ponctuelles dépourvues de projet ou d’avenir assuré. Pour que notre action soit véritablement empreinte de justice et de charité, il est essentiel de susciter l’intervention active des bénéficiaires, afin de contribuer à la construction d’un monde plus juste, plus humain et plus inclusif, fondé sur des relations fraternelles, cordiales et compatissantes, à l’exemple de Jésus.

P. José Agostinho Sousa, scj

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