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Le nouveau livre de Mgr André-Joseph Léonard

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Le nouveau livre de Mgr André-Joseph Léonard

La Divine Tragédie de Mgr André-Joseph Léonard

 

Le jeune Théophile découvre la richesse de la foi catholique

 

La Divine Tragédie[1] de Mgr André-Joseph Léonard est un conte philosophique. De fait, l’ancien professeur de philosophie de l’Université catholique de Louvain et l’actuel archevêque de Malines-Bruxelles nous propose dans ce récrit un Libre parcours dans la foi chrétienne qui présente une foi ouverte à l’œcuménisme et à une ontologie réaliste, fortement inspirée par la conception de l’être selon saint Thomas d’Aquin.

On sait qu’André Léonard est « un des esprits les plus puissants » (Emmanuel Tourpe) en même temps qu’un pédagogue talentueux qui arrive à formuler les vérités philosophiques les plus ardues dans un langage accessible aux jeunes et aux moins jeunes, attentifs et désireux d’augmenter leurs connaissances philosophiques, théologiques et spéculatives à partir d’intuitions communes méthodiquement réfléchies.   

Se situant dans l’authentique tradition catholique, Mgr Léonard articule de façon magistrale foi et raison en dialogue critique avec la négativité du système de Hegel, l’être anonyme de la pensée de Heidegger, l’affirmation richissime de l’Etre subsistant de saint Thomas d’Aquin, mais aussi en référence reconnaissante au cardinal Newman et ses continuelles recherches pour argumenter sa foi, au mystique Soloviev repensant de façon originale la diversité dans l’unité œcuménique, au théologien Maxime le Confesseur qui a si richement inspiré l’encyclopédique synthèse de Hans Urs von Balthasar, un des maîtres à penser d’André Léonard.

De tout cela – et de bien d’autres sources vénérables de la tradition occidentale et orientale – s’inspire La Divine Tragédie qui raconte la vie et les méditations réflexives d’un jeune homme du nom de Théophile. Son nom signifie « ami de Dieu », et ami de Dieu Théophile, étudiant à la Faculté de droit, le devient au fil de ses expériences et de ses lectures, surtout de la lecture intégrale du Nouveau Testament. Il se pose peu à peu ces questions restées en suspens après son catéchisme d’enfant, ces questions pudiquement ignorées au lycée et renvoyées de la Fac de droit à d’autres Instituts.

Mais qui peut aider Théophile à trouver des réponses à toutes ces questions qui surgissent en lui ?

Pour se clarifier les idées, il consulte un livre : la Métaphysique de l’être de Léon Noël. Rappelons que Léon Noël était dans les années 1920 président de l’Institut Supérieur de Philosophie jadis fondé à Louvain par Mgr Mercier pour étudier la philosophie de saint Thomas d’Aquin à une époque où celle-ci fut défigurée et oubliée. Mais est-ce bien de lui que Théophile reçoit les informations complémentaires pour mieux aborder les thèmes existentiels de métaphysique ? Le lecteur ne peut pas s’empêcher de penser plutôt au fameux Cours de métaphysique professé jadis par André Léonard lui-même et publié voici quelques années justement sous le titre « Métaphysique de l’être »[2]. De toute façon, celui qui veut systématiser ce que Théophile découvre au cours de ses réflexions et rencontres peut utilement se référer à cet excellent ouvrage de Mgr André Léonard.

Théophile a aussi quelques rares personnes qui l’accompagnent. Comme ce moine, le Père Zdziswaw du monastère de Bouqueton où l’a amené un jour son ami Albert Chapelier. Avec ce Père Z. (pour faire simple) Théophile découvre Soloviev et l’actualité de sa pensée en matière d’Union européenne et en matière d’œcuménisme.

Peu à peu Théophile se construit son système de philosophie. Ce qu’il n’apprend pas dans les livres ou lors de rencontres avec d’autres, il le découvre par des rêves mystérieux qui font penser à Swedenborg, mais qui au réveil appellent pour Théophile  le philosophe de Königsberg et sa critique. Ainsi les thèmes essentiels sont abordés : sur l’être, la réflexivité, la nature, Dieu, et puis toutes les questions qui reviennent une fois que le contact plus sérieux et plus suivi est rétabli avec Dieu : la création, l’homme, Jésus, l’humanité, l’Evangile, le péché, l’Eglise et l’être chrétien, la catholicité, l’œcuménisme...

Le conte philosophique montre que ce que Théophile commence à vivre est à comprendre en étroite liaison avec l’Apocalypse qui trouve dans ces pages de récits, de rêves, de notes quotidiennes une interprétation bien réelle et actuelle.

       Bon étudiant, Théophile finit par devenir brillant avocat au barreau de Bruxelles. Mais ni la renommée ni l’argent qu’il peut gagner ne lui donnent entière satisfaction. Un beau matin de juin, il va trouver le P. Z. au monastère de Bouqueton, et six ans plus tard... au lecteur de le découvrir.

La Divine Tragédie se lit facilement. Et pourtant elle permet au lecteur d’interroger avec Théophile les rapports complexes entre science et religion, de revisiter les fondements de la foi catholique, de réfléchir au dialogue interreligieux et à l’œcuménisme, de confronter toutes ces réalités aux questions d’actualité. Ce livre beau, amusant et fort se prête bien en cette année de la foi pour refaire un Libre parcours dans la foi chrétienne.

P. Jean-Jacques Flammang SCJ

Artcile paru dans la Warte du Luxemburger Wort,le 18 janvier 2013



[1] Mgr André-Joseph Léonard : La Divine Tragédie. Libre parcours dans la foi chrétienne, Namur, Editions Fidélité, 2012, 122 pages. ISBN 978-2873-56536-7

[2] cf. André Léonard : Métaphysique de l’être. Essai de philosophie fondamentale, La nuit surveillé, Paris, Cerf, 2006, 448 pages. ISBN : 978-2204-08059-7

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